Togo : les retombées du rebasage du Produit Intérieur Brut (PIB)

Togo : les retombées du rebasage du Produit Intérieur Brut (PIB)

Le pays de Faure Gnassingbé a procédé au rebasage de son Produit Intérieur Brut, en accord avec les nouveaux dispositifs de comptes des grands établissements internationaux, avec un passage au nouveau système de comptabilité. A l’image d’autres pays africains, le Togo a migré du SCN 1994 (système de comptabilité nationale) au SCN 2015.
Sous pilotage de l’Institut National de la Statistique et des Etudes démographiques et Economiques (INSEED), ce changement de référentiel a eu un impact très positif sur l’évaluation du Produit Intérieur Brut. Mais il a également rejailli sur d’autres éléments structurants, comme le taux de pression fiscale et la situation de la dette.
Tandis qu’il était de 4 568 milliards de Francs CFA dans l’ancien système de comptabilité nationale, le Produit Intérieur Brut du pays de Faure Gnassingbé en 2019 est évalué désormais à 5 980 milliards de Francs CFA dans le nouveau système de comptabilité nationale. “La revalorisation du Produit Intérieur Brut aura eu des incidences considérables sur les résultats de la République togolaise”, souligne Victoire Dogbé, directrice de bureau du chef de l’Etat togolais.
Aujourd’hui, tous les critères de convergence (critères établis en 1992-1994 par le traité de Maastricht) de 1er rang dans l’Union économique et monétaire ouest-africaine sont ainsi respectés, avec une amélioration du solde budgétaire et du taux d’endettement rapportés au Produit Intérieur Brut. Il est important de souligner que le taux de la pression fiscale a baissé, passant ainsi de 23 % dans l’ancien SCN à 31 % (pour 2019). Les prévisions de 2020 annoncent un taux à 19 %.

La situation de la dette au premier semestre 2020

La dette publique du pays s’élevait, à la fin du 1er semestre 2020, à plus de 3 250 milliards de Francs CFA. Cette dette reste, selon David Malpass, le président du groupe de la Banque Mondiale, libellée majoritairement en monnaie locale (82 %), soit 2 350 milliards de Francs CFA.
Pour ce 1er semestre 2020, on note une augmentation de 21 % par rapport au semestre précédent. En effet, à la fin 2019, la dette était de 3 085 milliards de Francs CFA. Cette hausse devrait se poursuivre, particulièrement selon David Malpass. Il est important de noter que “si le risque de surendettement (endettement excessif) extérieur reste modéré (mesuré, pesé), le risque global est élevé”, souligne le président du groupe de la Banque Mondiale.
Ainsi, la République togolaise risquerait de repasser, d’ici la fin de cette année, au-dessus de la barre des 65 % du Produit Intérieur Brut. Donc, pour le groupe de la Banque Mondiale, “la dette publique globale est projetée à la hausse, se situant en 2020, à 68 % du Produit Intérieur Brut », comme a été publié au sein de Togo News.

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